Nouvelle Visite de Reprise depuis juin 2026 : Ce qui change pour le CSE et le salarié
Tout change pour la nouvelle visite de reprise depuis le 15 juin 2026 ! Découvrez le décryptage des nouvelles règles, les pièges à éviter et nos conseils essentiels pour le CSE.
Hélène REYNIER
7/6/20264 min read
Réforme de la visite de reprise : Ce qui change au 15 juin 2026 (Et comment conseiller les salariés)
Le retour à l'emploi après un arrêt de travail de longue durée vient de s'alléger d'une formalité administrative majeure. Issu du décret n° 2026-503, un nouveau dispositif est entré en vigueur le 15 juin 2026. Son but ? Éviter la redondance des examens médicaux en permettant, sous conditions, de fusionner la visite de pré-reprise et la visite de reprise.
Pour les élus du CSE, cette réforme modifie profondément la donne dans l'accompagnement des salariés vulnérables: notre décryptage complet.
1. Le principe de la visite de reprise
🔴 Avant (Anciennes règles) : La visite de reprise était systématique dans les 8 jours suivant le retour pour les arrêts longs (congé maternité, maladie professionnelle, accident du travail de plus de 30 jours, ou maladie ordinaire de plus de 60 jours).
🟢 Après (Depuis le 15 juin 2026) : Introduction d'une possibilité de dispense unique si le salarié a déjà bénéficié d'une visite de pré-reprise en amont.
2. Les conditions pour supprimer la visite de reprise
🔴 Avant (Anciennes règles) : Aucune dispense n'était possible. Même si le salarié avait vu le médecin du travail la veille de son retour lors d'une pré-reprise, il devait obligatoirement repasser la visite de reprise.
🟢 Après (Depuis le 15 juin 2026) : La dispense de visite de reprise devient automatique si et seulement si :
La visite de pré-reprise a eu lieu moins de 30 jours avant le retour effectif.
Le médecin du travail conclut à une aptitude sans réserve (aucun aménagement de poste ni de temps de travail requis).
3. Le droit de maintien (Le "Véto")
🔴 Avant (Anciennes règles) : Sans objet, l'examen de reprise s'imposait à tous.
🟢 Après (Depuis le 15 juin 2026) : La dispense automatique tombe si le salarié, l'employeur ou le médecin du travail lui-même demande expressément le maintien de la visite de reprise.
4. L'information de l'employeur
🔴 Avant (Anciennes règles) : L'employeur n'était informé de la démarche de pré-reprise que si le médecin formulait des préconisations d'aménagement.
🟢 Après (Depuis le 15 juin 2026) : L'employeur est désormais systématiquement informé de la tenue d'une visite de pré-reprise, sauf si le salarié s'y oppose formellement auprès du secrétariat médical lors de la prise de rendez-vous.
💡 Focus Salariés : Ai-je intérêt à demander une visite de pré-reprise ?
C'est la question centrale que vont vous poser les salariés en arrêt long. La réponse dépend entièrement de leur état de santé et de leur objectif.
✅ OUI, le salarié a tout intérêt à la demander si :
Il se sent tout à fait prêt à reprendre : Passer la visite de pré-reprise dans les 30 jours précédant son retour lui permettra de valider son aptitude. Le jour J, il pourra reprendre directement son travail sans devoir attendre un second rendez-vous de reprise. C’est un gain de temps et une charge mentale en moins.
Il souhaite anticiper des difficultés : Si le salarié craint de ne pas tenir le coup à temps plein, la pré-reprise permet de préparer sereinement un aménagement (temps partiel thérapeutique, ergonomie). Dans ce cas précis, la visite de reprise classique restera obligatoire pour graver ces aménagements dans le marbre légal.
❌ NON (ou avec prudence) si :
Il souhaite garder le secret total sur sa démarche : Avec la nouvelle mouture, l’employeur est informé qu'une visite de pré-reprise a lieu. Si un salarié veut consulter le médecin du travail en toute discrétion sans que sa hiérarchie ne le sache, il doit formellement notifier son opposition au secrétariat du service de santé au travail lors de la prise de RDV.
🚨 Le piège invisible de la "carence" patronale : Attention aux conséquences !
Traditionnellement, la jurisprudence protège fortement le salarié : si l’employeur oublie ou néglige d’organiser la visite de reprise obligatoire, le contrat de travail reste suspendu. Le salarié peut alors légitimement refuser de reprendre son poste et exiger le maintien de son salaire en attendant son rendez-vous, sans qu'on puisse lui reprocher une absence injustifiée ou un abandon de poste.
Mais attention : avec la réforme du 15 juin 2026, ce droit peut s'éteindre sans que le salarié ne le sache !
Si un salarié passe une visite de pré-reprise dans les 30 jours avant son retour et que le médecin le déclare "apte sans réserve" :
La visite de reprise est automatiquement supprimée.
L’employeur n'a donc plus l’obligation d’organiser de rendez-vous à son retour.
Il n'y a donc plus de faute ou de "carence" de l'employeur.
📌 Le conseil crucial du CSE :
Si un salarié a passé une pré-reprise "sans réserve", il doit impérativement reprendre son poste le jour de la fin de son arrêt. Il ne pourra pas utiliser l'absence de convocation de l'employeur pour suspendre son activité. Si le salarié estime, malgré l'avis initial du médecin, que son état nécessite finalement un aménagement, il doit expressément demander le maintien de la visite de reprise pour bloquer la dispense automatique.
A dire à vos salariés:
Ne vous faites pas piéger : une visite de pré-reprise et, potentiellement une dispense automatique de visite de reprise, signifie une obligation automatique de reprendre le travail ! En cas de doute, contactez immédiatement vos élus du CSE.


